Linas : la vente du terrain Alexandre Lamblin cristallise la colère des habitants
Un espace vert historique désormais mis en vente
À Linas, la décision est désormais actée : le terrain communal situé au cœur du quartier Alexandre Lamblin – rue du Chemin Vert a été vendu. Cet ancien espace vert, aménagé dans les années 1990 comme parc urbain de proximité, est aujourd’hui officiellement sur le marché foncier, et plusieurs projets de permis de construire sont en cours de préparation.
Pour les habitants du quartier, cette vente marque une rupture profonde avec l’histoire et les engagements initiaux pris lors de la création du lotissement. À l’origine, ce terrain avait été financé dans le cadre de l’aménagement du lotissement Alexandre Lamblin, chaque mètre carré ayant été payé par les résidents eux-mêmes afin de créer un véritable poumon vert au centre du quartier.
Une parole donnée puis reniée par la commune
Comme c’était l’usage, la parcelle avait ensuite été rétrocédée à la commune pour l’euro symbolique, avec un accord clair entre les anciens propriétaires, la copropriété et la mairie : le terrain devait rester un espace naturel, non constructible et accessible aux habitants.
C’est précisément cette parole donnée que les riverains estiment aujourd’hui trahie. Au-delà des aspects juridiques, ils dénoncent une décision politique qui nie l’histoire du quartier et l’engagement moral pris par la collectivité. Pour beaucoup, la légalité de l’opération ne saurait effacer la question de la confiance entre élus et administrés.
Une responsabilité politique clairement identifiée
La responsabilité de cette vente incombe directement à l’actuel maire par intérim, ancien adjoint chargé de l’urbanisme, ainsi qu’à l’ensemble de la municipalité qui a validé le déclassement et la cession du terrain. Les habitants soulignent que cette décision n’est pas le fruit d’un héritage contraint, mais bien d’un choix politique assumé par l’exécutif municipal.
Ce choix apparaît d’autant plus contesté que les mêmes responsables expliquaient encore récemment manquer de foncier pour mener des projets communaux. C’est ainsi qu’ils avaient justifié l’achat d’une terrain constructible à 300 m pour y faire des jardins potagers. Aujourd’hui, c’est précisément l’un des rares espaces verts d’un quartier résidentiel qui est sacrifié.
Des projets immobiliers redoutés
Classé en zone UB au plan local d’urbanisme, le terrain est constructible. Si les discours municipaux ont un temps évoqué des constructions limitées ou des aménagements partiels, la réalité actuelle est toute autre : la vente porte sur l’intégralité de la parcelle, ouvrant la voie à des opérations immobilières denses.
Les habitants redoutent toujours le dépôt de permis de construire pour des immeubles collectifs, permis par le cadre réglementaire en vigueur. Pour eux, les promesses initiales d’une aire de jeux pour enfants relevaient davantage de la communication que d’un engagement réel.
Un sentiment de mépris et de déni de concertation
La colère des riverains s’explique aussi par la méthode. Plusieurs habitants dénoncent un profond mépris à leur égard, estimant que la municipalité les a volontairement tenus à l’écart des décisions et a minimisé leur opposition.
Certains élus ont même affirmé que les habitants étaient favorables au projet, évoquant l’accord d’anciens représentants associatifs. Des déclarations fermement contestées par de nombreux résidents, qui y voient une tentative de discréditer la mobilisation actuelle et de faire passer les opposants pour une minorité bruyante.
Un problème de gouvernance locale
Pour les habitants de la rue Alexandre Lamblin, le dossier dépasse largement la seule question d’urbanisme. Il révèle, selon eux, un problème de gouvernance locale : une manière de décider sans les habitants, de nier la parole donnée par la commune et de considérer les administrés comme de simples variables d’ajustement.
« On peut toujours dire que tout est légal », résume un riverain, « mais gouverner, c’est aussi respecter les gens et les engagements pris. »
Alors que les premiers permis de construire sont annoncés, la mobilisation reste vive dans le quartier. Les habitants entendent continuer à se faire entendre, non seulement pour défendre un espace vert, mais aussi pour rappeler que la confiance, une fois rompue, est difficile à reconstruire.
Pour ma part, je juge cette affaire symptomatique du mal qui ronge notre commune. La vente du terrain communal de la rue Alexandre Lamblin, sans concertation réelle avec les habitants et au mépris de l’histoire de ce quartier, montre à quel point la confiance entre élus et citoyens peut être trahie.
Si je suis élu, je remettrai ce dossier à plat. Je rechercherai les dessous de cette opération afin de déterminer quels intérêts elle sert réellement. Malgré la complexité de la situation juridique actuel, je bloquerai toute décision publique, y compris légale, susceptible de bétonner cette parcelle ou de détruire l’espace vert que les habitants ont financé et légitimement protégé.
Comme je l’ai toujours fait, parfois à mes dépens, je préfère respecter les habitants de ma commune plutôt que de respecter des décisions légales, mais injustes et peut-être cupides.







